Ici parce que pas ailleurs

"Pas un jour sans une ligne", Zola. "Plusieurs jours sans un post", Zongo.

Perte de repères

February 6th, 2007 par Zongo

Assis sur le rebord de mon lit, je regardais par la fenêtre les passants passer, quand mon oeil endormi fit une pause sur un clone de Karl Marx sur le retour, chevelure d’argent et barbe assortie, sa femme - très lutte des classes - fichu rouge et imperméable indatable suivant derrière en tirant le caddie. Un couple de vieux que la pauvreté pourlèche, que la rue appelle, que le sans domicile fixe. Au bord de la pauvreté, se tenant têtus, comme un môme qui ne sait pas nager le ferait au bord d’une piscine. L’homme s’arrête et sort une petite flasque blanche de sa poche et boit goulument. Immédiatement, me viennent à l’esprit les images zolaïennes, les ouvriers enivrés, les beuveries pour oublier la misère, la tristesse d’une vie perdue. Je bondis sur me jambes pour chanter l’Internationale le poing levé, et me reprends juste à temps. Je me suis aperçu in extremis que la petite bouteille était du Danacol (r)(c)(x)(z). Remballant ma pitié, mes Rougon-Macquart et mon Internationalisme à la petite semaine, j’ai maudit ces vieux qui, à l’heure où le système sécu-retraite en bave des ronds de cuir, osent prendre soin d’eux.

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