June 30th, 2006 par
Zongo
Serge July est un grand, un dinosaure, un maître, un incontournable et il s’en va. L’âge du Christ passé au service d’un journal de gauche, très à gauche, puis moins.
Il part pour des histoires de financement du journal et se fend d’un grand et long article pas inintéressant. A sa lecture pourtant, je me disais qu’il manquait sa cible, qu’il ne visait pas ce qu’il fallait. J’allais donc m’en expliquer ici, quand j’ai fait un tour sur le blog d’un camarade-collègue, Monsieur Luc Saint-Elie. Et, je n’ai pas grand chose à ajouter à son analyse, je pense qu’effectivement le problème est là, bien cerné par Luc, dans un fourré sombre du monde de l’information, et qu’il s’applique aussi bien à la presse quotidienne qu’aux magazines. Un problème corsé, endémique et de plus en plus prégnant. Un problème qui a un goût de sapin.
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June 30th, 2006 par
Zongo
Depuis le siège de mon bureau, la tête légèrement tournée vers l’extérieur, je vois les toits de ce qui n’est pas Paris mais la banlieue toute proche. Le soleil est là, le ciel est plus que bleu, presque métallique, pas un nuage, les toits sont beaux ou laids, peu importe, ils se dorent au soleil d’été, et je ne peux m’empêcher de penser que pour quelques étrangers en goguette, ce soleil sera la lumière de Paris, leur souvenir de cette belle ville. Penser que ces moments que je passe sous la climatisation faiblarde d’un bureau périphérique seront les souvenirs merveilleux de quelques touristes peut-être amoureux de Paris me fait le plus grand bien.
Ce serait comme un juste retour des choses, comme une manière de remercier ceux qui nous ont prêté leur ville pendant nos périples, ces Athéniens à la ville étrange mais séduisante, ces Madrilènes aux portes du soleil, ces Romains qui bercent le Colisée d’une marée incessante de véhicules pétaradants… La liste pourrait être longue. Et j’oublie volontairement Londres qui n’a jamais fait l’effort de m’offrir son soleil…
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June 10th, 2006 par
Zongo
- Bonne nuit !
- Bonne nuit mon coeur.
- Dis, on a pris les 45 T-shirt légers (parce qu’on va crever de chaud) ?
- Oui.
- Et les 32 chemisettes (qui vont immanquablement coller au dos) ?
- Oui, dans le gros sac…
- Et les 29 bermudas à la con (parce que les pantalons de velours sont déconseillés) ?
- Ouiiii…
- Et les 2 litres de crème solaire (achetés pas cher en promotion par lot de 30 bouteilles) ?
- Euh… Attends. Oui.
- Et le développeur de pénis (ce n’est pas pour moi, c’est pour un ami) ?
- Oui, ça serait bien que tu t’en serves cette fois, qu’on ne l’emmène pas pour rien…
- Et les 10 bouquins (dont on ne lira pas trois pages) ?
- Oui aussi, allez on dort !
- Bon ok. Hum. Et les 3 consoles et le téléviseur 16/9e (pour égayer les soirées) ?
- Hein ? Mmm Bien essayé…
- Et les guides touristiques (même si de toute façon on va se perdre) ?
- Oui, bon allez, ça suffit maintenant on dort, ça fait trois fois qu’on défait les sacs.
- Ah ok. Désolé… (silence) Et les 3 Kg de cachets pour ne pas stresser parce qu’on part ?
- Oh la vache, le boulet…
Bon ben voilà, c’est bon, tout y est. Vu qu’on n’a pas de voiture pour bourrer le coffre, on va se contenter de la soute d’un avion. Ca devrait faire l’affaire.
Ne reste plus qu’à ne pas louper le réveil demain matin, malgré la mauvaise nuit qui s’annonce – ça aurait pu être pire, la France n’est pas Coupée du Monde ce soir, donc pas de klaxon de dépit ou de joie. Bref… Enfin, les vacances…
- Allez bonne nuit…
- Nuit…
- Hé dis, t’as pensé aux billets ?
- Dors !
- …
- Pour la dernière fois, je te préviens, si tu ne laisses pas ce sac pour venir te coucher tout de suite, je fais mes valises et je m’en vais !
- Quoi ? T’as pas fait tes valises ? Rallume, bon dieu, mais rallume…
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June 7th, 2006 par
Zongo
De grands yeux couverts de sourcils fins, comme un toit. Deux mares de bleu, vives et pétrifiantes, qui suivent, jugent et pèsent, apaisent, parfois. Un nez volontaire mais pas trop, une bouche fine, elle aussi, qui s’agite et mitraille avec l’élocution typique de celui qui parle pour être écouté, là-bas, au fond de la classe. Et puis dans la denture, une dent plus petite que les autres. Celle que je porte aussi à mon sourire en coin. Tare congénitale, clin d’oeil paternel, marque de fabrication. Ses mains longues marquées par le travail serrent pour l’une une plume pour l’autre une cigarette. Deux attributs qui l’identifient dans le brouillard de l’enfance, à côté d’autres, comme ses bras musclés qui me portent, contre lui, emmailloté dans son pull marin. J’ai trois ans, peut-être moins et lui paraît tel qu’en lui-même réservé et omniprésent. Des mains qui discutent en fendant l’air, des mains qui donnent au compte goutte, comme gênées, de l’amour filial à revendre, par trop pleins, grandes rasades, un peu comme un vin de pays soudainement mis en perce.
Les images s’empilent de plus en plus vite, jusqu’à la dernière, la plus difficile à éviter, mais pas forcément la plus forte. Oui. Les images du père s’empilent dans ma boîte cranienne comme dans une boîte à chaussures pas assez remplie. Elles bercent mes jours et parfois mes nuits, fantôme d’un homme, rêve d’enfant, certitude d’adulte.
Souvenirs et derniers soupirs, la tête tournée vers les vignes.
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June 6th, 2006 par
Zongo
Merci à tous ces Américains qui sont, contre toute attente, venus passer leur vacances d’été en Normandie, il y a 62 ans.
62 ans plus tard, hommage discret, dans les hôtels de la plage, on pratique toujours le coup de fusil…
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June 6th, 2006 par
Zongo
Ce qu’il y a de curieux dans l’approche des vacances – surtout quand ce sont les premières depuis longtemps -, c’est qu’on est impatient d’y arriver mais également certain qu’on n’aura pas assez de temps pour tout faire. De telle sorte qu’on se maudit presque d’avoir décider de jouir de ce droit qu’à le travailleur d’aller flâner, le nez en l’air et les pieds dans la poussière des routes d’ailleurs.
Je dis presque, car je me languis d’aller rouler des pelles au ponèse.
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June 1st, 2006 par
Zongo
Pour tous ceux qui ont cru que les bonbons n’étaient bons que pour les dentistes, les caries et quelques enfants désoeuvrés, gavés d’argent de poche – les salauds ! -, rectifions les faits et rétablissons la vérité. Les bonbons sont aussi bons pour les nuls. Bien que les fleurs soyent plus présentables…
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June 1st, 2006 par
Zongo
Dix-sept historiens, et pas des moindres – Jean-Pierre Azéma, Jacques Le Goff ou encore Mona Ozouf -, viennent d’envoyer une lettre à Jacques Chirac, Président de la République, pour lui demander de faire entrer Marc Bloch, historien, résistant et humaniste (trois redondances ?) au Panthéon.
Au-delà de tout débat ou de savoir si ce grand homme, qui est mort pour la France alors qu’il aurait pu vivre loin de l’horreur nazie, aurait voulu entrer au Panthéon, on a bon espoir que Jacques Chirac dise oui et signe, puisque dernièrement, notre président à 82% de démocratie valide tout et n’importe quoi. Pour preuve, il a amnistié Guy Grut, et on ne peut que penser que c’est par inadvertance…
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May 28th, 2006 par
Zongo
J’y avais pensé l’autre jour et puis m’étais dit qu’après tout, ça ne valait pas un post. Mais, après ce week end, en rattrappant mon retard de Libération, j’ai trouvé un article de Karl Laske dans le quotidien sus-nommé qui explique pourquoi l’opinion publique juge l’affaire ClearStream anodine. Ou, tout au moins, n’en est pas choquée. Il en ressort que le Français comprend bien qu’il n’y a pas eu de réelles malversations, que l’affaire est bidon. C’est une façon de voir. Optimiste.
Et si la vraie raison était que l’affaire ClearStream corrobore la vision d’une élite corrompue, en fin de règne (pas totalement erronée à voir Guy Drut amnistié sans raison). En ce cas, ces manipulations au plus haut de l’Etat ont autant de poids pour le Français qu’en aurait un habitué de bar éructant au comptoir, devant une assistance acquise, que : “tous des pourris, politiques et compagnie…”
L’inquiétant est que ce fameux tous pourris, si commode, discuple et ôte tout besoin de réfléchir et de s’impliquer. Alors, démocratie défaite, la politique n’est effectivement plus l’affaire du peuple, puisqu’il l’abandonne à des politiciens, qui sont pourtant ses représentants.
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May 23rd, 2006 par
Zongo
Ce qu’il y a de bien quand on a plein de travail, c’est qu’on a presque l’impression que le reste du monde n’existe plus. Plus de guerre en Une, plus de malversations en double centrale et plus de portrait de patron de bordel en der… Ah si, quand même, le portrait de patron de bordel, même submergé de travail, ça se lit.
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