Ici parce que pas ailleurs

"Pas un jour sans une ligne", Zola. "Plusieurs jours sans un post", Zongo.

Connerie participative

June 29th, 2007 par Zongo

Aujourd’hui dans Libération, tapie en une colonne, une publicité. Rien d’étonnant à cela. Il s’agissait d’une réclame pour le dernier film de Lelouch ce qui est déjà plus surprenant. Deux questions au passage : Comment se fait-il qu’on le laisse encore faire des films ? Comment arrive-t-il à se payer de la publicité dans un quotidien national dans lequel écrivent tout de même des plumes aussi intellectuello-branlotteuses que Bayon ? Mais revenons à nos moutons. Ce qui a retenu mon attention est plutôt la forme de cette publicité. Là où l’habitude veut qu’on mette des extraits de la critique d’un journaliste plus ou moins éclairé, vous savez bien, celui qui signe les papiers cultures de Télé Z, faites un effort… Bref, en lieu et place de ces critiques habituelles, l’oeil endormi du petit matin pouvait lire des avis tous plus élogieux les uns que les autres, fournis grâcieusement par d’illustres internautes anonymes. Des gens comme vous et moi qui ont écrit sur allocine ou sur le site du film pour dire à quel point ce film était le meilleur de Lelouch depuis… oh depuis… La dolce Vita ou Les oiseaux. Des inconnus anonymes qui n’ont peut-être aucun goût ou dont le petit neveu était accessoiriste sur le tournage. Que sais-je ? Des gens anonymes et impartiaux dont on peut me garantir que l’avis n’est dicté que par la beauté de l’art et l’assistant réalisateur de M. Lelouch.
Si je suis le premier à reconnaître que les journalistes ne sont pas les nouveaux précepteurs d’une opinion en goguette, j’ai tout de même de la peine à avaler cette méthode publicitaire. Quand une marque de lessive quelconque me dit que Josiane trouve que cette lessive lave plus blanc, je sais pertinemment que Josiane s’appelle en fait Catherine et qu’elle a touché un joli pactole pour vendre son âme au diable Unilever. Mais là, foutre Dieu, l’ambiguité du procédé et peut-être aussi parce qu’on rapporte le cinéma à une lessive, j’ai eu comme une envie de ne pas aller voir ce film – ce qui ne faisait que confirmer mon idée première que ce film était certainement le film de trop de Lelouch, en tout cas le film de trop depuis son fabuleux Out of africa. Je veux bien qu’une gauche en crise d’idée et d’identité essaie de me vendre la première connerie venue, mais pas qu’un Lelouch et une bande de pubeux gommeux me jouent la ritournelle de l’inconnu séduit… de l’engouement participatif. De toute façon qu’on se le dise, avec un nom pareil, vous n’allez pas me faire croire qu’il n’a rien à se reprocher…
Du coup, je suis allé sur le site d’allocine, ai consulté la fiche du film Le gendarme et les gendarmettes et y ai écrit les plus beaux avis positifs qu’on puisse imaginer, en m’appellant anonymement et tour à tour Jean-Paul, Hector et Christian Clavier. Si je l’ai fait c’est en toute conscience de cause. Pleinement conscient du danger encouru. Mais, qui sait ? Peut-être ainsi ce chef d’oeuvre du cinéma français ressortira-t-il en salle, peut-être même à la place du dernier Lelouch, qui n’est pas, rappelons-le, le réalisateur fétiche de Dalida. Et si de Funès ressort en salle, peut-être M6 décidera-t-elle de ne pas le programmer cet été…
Alors, comme dit ma voisine de palier, du mal sera sorti le bien. Nous festoierons heureux. Et ce serait une bonne leçon pour Claude Lelouch et plus jamais il ne ferait de cinéma…

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Allah grâce de Dieu…

June 29th, 2007 par Zongo

Désoeuvré culinaire, je suis allé acheter une sorte de kebab de luxe dont un restaurant rapide sis près de chez moi à le secret. Alors que je faisais la queue, en passant d’un pied sur l’autre, en m’interrogeant sur la pertinence de prendre un sandwich au poulet ou à la dinde, la personne devant moi passait commande : “Un chicken” car dans ce restaurant, on dit “chicken” et non “poulet”, “Un chicken rouge, s’te plaît, chef” Une phrase marquée d’une pause méditative “Avec des frites bien chaudes…” Comme frappé par l’importance de cette dernière remarque et de la tâche qui lui incombait tout à coup, le cuistot de répondre : “Inch’allah”.
Je ne suis pas très porté sur les religions, mais je n’imaginais pas qu’Allah avait un tel taf. Surveiller le moindre resto hallal pour faire en sorte que les frites soient chaudes ou froides, c’est assez incroyable. En tout cas, maintenant que je suis au courant, et si je peux me permettre, ce qui serait vraiment chouette, c’est qu’Allah, pendant qu’il vérifie leur température, il prenne trente secondes pour mieux les égoutter…

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Un chat, un chien…

June 22nd, 2007 par Zongo

C’est officiel les professionnels de la communication ont passé la vitesse supérieure dans l’art de nous prendre pour des cons. Enfin quand je dis “nous”, c’est par pure solidarité. Disons plutôt qu’ils ont décidé de ne plus s’embarrasser de précaution et de clamer haut et fort que Gérard avec son bob Ricard, qui suit le Tour de France depuis 30 ans accompagné de Momone, est une buse.
Ainsi, l’Union cycliste internationale a déclaré récemment que des contrôles inopinés opérés sur six favoris du Tour auraient donné des résultats “non négatifs”. Oui, oui, la double négation est bien d’eux.
Est-ce positif ? Est-ce négatif ? Est-ce une troisième voie qui hésite : un peu dopé, mais pas trop ? Ou alors est-ce plutôt, comme on le soupçonne, une manière de noyer le poisson, d’entuber Gérard, qui commence à en avoir un peu marre du dopage sans pour autant arrêter de s’intéresser à ces cyclistes qui produisent autant d’électricité en pédalant qu’une centrale nucléaire qui ne pédale pas, elle.
En définitive, n’est-ce pas une manière d’appeler un chat un chien ?

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Maître chien

June 21st, 2007 par Zongo

J’ai toujours cru, à tort, je m’en rends compte maintenant, que les chiens muselés étaient plus cons (normal, ce sont des chiens…) que leur maître chien, bardé de costume estampillé Sécurité et de rangers des villes bien proprettes. Tout à l’heure dans le métro, un gamin, déjà grand mais pas encore arrivé à l’âge où on est con. A celui où on rêve encore d’être vétérinaire plutôt que vainqueur de la Star Ac’, par exemple. Un gamin donc, voyant un chien de maître chien vautré de tout son long en travers de la rame, demande d’une petite voix dans laquelle ne perce aucune montée hormonale prochaine “On peut le caresser”. Et le maître chien de répondre dans un style télégraphique très militaire, ou con, sans même regarder le petit : “On peut pas non”. Le gamin a alors suspendu sa caresse déjà amorcée, comme surpris qu’on veuille garder pour soi le plaisir de cajoler un si gentil gros chien. J’ai vu comme une lueur dans l’oeil de la belle bête abrutie de chaleur, un reflet de regret, une nuance de tristesse. Il aurait aimé naître bichon plutôt que doberman. Ah si cela avait été le cas, toutes les caresses auraient été siennes ! J’ai tourné la page de mon journal et me suis dit que la muselière aurait dû être mise au maître, hargneux peigne-cul débordant de nauséabondes idées sur son rôle sécuritaire.

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Le retour de la ponctualité

June 21st, 2007 par Zongo

Aux dernières nouvelles, selon Libé, Robert Boulin, ministre de Barre suicidé/assassiné (là est la question), est toujours, comme le disait Desproges, dans l’étang. “Je suis dans l’étang, je suis dans l’étang…”
Encore un coup de la droite pour remettre sur le devant de la scène de saines valeurs.

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Perte de repères

February 6th, 2007 par Zongo

Assis sur le rebord de mon lit, je regardais par la fenêtre les passants passer, quand mon oeil endormi fit une pause sur un clone de Karl Marx sur le retour, chevelure d’argent et barbe assortie, sa femme – très lutte des classes – fichu rouge et imperméable indatable suivant derrière en tirant le caddie. Un couple de vieux que la pauvreté pourlèche, que la rue appelle, que le sans domicile fixe. Au bord de la pauvreté, se tenant têtus, comme un môme qui ne sait pas nager le ferait au bord d’une piscine. L’homme s’arrête et sort une petite flasque blanche de sa poche et boit goulument. Immédiatement, me viennent à l’esprit les images zolaïennes, les ouvriers enivrés, les beuveries pour oublier la misère, la tristesse d’une vie perdue. Je bondis sur me jambes pour chanter l’Internationale le poing levé, et me reprends juste à temps. Je me suis aperçu in extremis que la petite bouteille était du Danacol (r)(c)(x)(z). Remballant ma pitié, mes Rougon-Macquart et mon Internationalisme à la petite semaine, j’ai maudit ces vieux qui, à l’heure où le système sécu-retraite en bave des ronds de cuir, osent prendre soin d’eux.

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Pour des siècles et des siècles…

January 23rd, 2007 par Zongo

Quoi qu’on en dise, on est nombreux à vouloir que le monde se souvienne de nous, une fois que tout ce cirque sera fini, une fois, qu’en entre-chats, nous serons sortis du cadre, laissant quelques souvenirs, soupirs et sourires. On mesure souvent nos jours à l’aune de ce qui en restera. L’image qu’on laisse aux autres est toujours une garantie, comme une assurance vie que nous ne sommes pas qu’un agencement musculaire et graisseux.
Or, tout à l’heure, dans le métro, alors que je descendais, escaladant les sacs de deux jeunes avachis qui faisaient chier le monde, j’entendis clairement l’un demander à l’autre : “Irène ? Celle qui a un gros cul ?”
Alors, Irène, sache-le, quoi que tu fasses ton souvenir restera dans nos mémoires. Tu es immortalisée par procuration. A mes yeux toujours et encore tu resteras celle sur lequel le doute subsiste, celle qui nimbée de mystères s’avancent dans ma vie pour en ressortir sans apporter de réponse, celle qui a peut-être un gros cul…

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Précarité

January 23rd, 2007 par Zongo

Après avoir vérifié tous ses pièges à gibier, même celui planqué derrière la photocopieuse du 6e, et, conscient que les poissons se faisaient rares depuis que les agents de nettoyage mettaient des cubes de javel dans la cuvette des toilettes, Georges, inquiet de ne pas pouvoir nourrir sa famille ce soir, éteignit son ordinateur au 5e étage de cette tour de bureaux en proche banlieue parisienne. Il devait faire vite. Partir avant 18h lui laissait une petit chance d’arriver au Monoprix avant que les vieilles emperlousées y débarquent en meutes affamées… La perspective de ce nouveau “struggle for life” le fit frissonner… “Manquerait plus que je rate le 80″, grommela-t-il en se prenant les pieds dans sa corbeille.

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Le Point sur

January 19th, 2007 par Zongo

Le Point, comme tous les autres “news magazines”, joue régulièrement son atout majeur, l’Excuse, qui lui permet de ressortir tous les ans le même sujet de couverture en espérant que la majorité des lecteurs sera soit morte, soit victime d’un alzheimer précoce. On trouve ainsi régulièrement la fameuse Une sur l’immobilier, celle sur les réseaux ou encore, ma préférée, celle sur les francs-maçons qui sont partout. Je pensais que, comme un vieux chat qui ronronne, Le Point continuerait sur sa lancée. Mais, à croire que du sang neuf est arrivé dans cette vénérable institution, la dernière Une en date est évolutionnaire.
Voici, aussi inattendu que cela puisse paraître une Une sur les Présidentiables et les francs-maçons. Epoustouflant, tout bonnement. Quel talent !
J’ai déjà les idées de Une pour les trois prochains numéros : Les francs-maçons à l’Elysée, Les francs-maçons au Fort de Brégançon (sous-titré “à la plage”) et enfin Les francs-maçons à la ferme…
Le Point a de l’avenir… en attendant Les francs-maçons et l’immobilier. Mais, chut, ne grillons pas toutes leurs cartouches.

Le Point révolutionne sa Une

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mais on dit Bob…

January 16th, 2007 par Zongo

Je suis désolé d’imposer cela à mes milliers, que dis-je, millions de lecteurs assidus, mais j’aimerais que tous ensemble, on souhaite la bienvenue à Bob. Il s’appelle Patrice mais on dit Bob, parce qu’il fait du cheval tous les matins et il adore l’odeur du crottin…
Bref, Bob est un nouveau venu. Gentil, bien qu’un peu simplet, je vous demande de veiller sur lui. Merci, vous pouvez continuer à me lire par millions sans oser me déranger avec vos commentaires. Circulez. Allez, circulez…

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