Ici parce que pas ailleurs

"Pas un jour sans une ligne", Zola. "Plusieurs jours sans un post", Zongo.

La voie de la justesse

May 9th, 2006 par Zongo

Il y a des films qu’on regarde et rédécouvre toujours avec le même plaisir. C’est le cas d’Après la pluie. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’un simple film de samouraï, un film de sabre (ou shambara). Tout d’abord, c’est le dernier scénario du maître Kurosawa. Il devait le tourner mais la camarde avait pris rendez-vous sans prévenir. Ensuite, le sabre sert peu, contrairement à d’autres films comme Yojimbo, par exemple. Non, ici, Kurosawa, suppléé par Koïzumi, nous conte plutôt une histoire sur l’excellence et la sagesse, sur la richesse et la diversité des Hommes que l’on croise autour d’un fleuve en crue, sur la bonté et la générosité incarnées par un homme. Ou plutôt par un homme, et, c’est très important, par sa femme. Si un spectateur distrait peut croire que les femmes ont un rôle négligeable dans ce film, c’est assurément une erreur que de le penser. La femme est au centre de tous les engrenages de l’histoire. Elle en habite chaque plan. Elle donne aux personnages masculins toute leur intelligence et leur intérêt. Après la pluie est un hommage à la voie du sabre, à ce bushido “éclairé” (qu’on pourrait presque qualifié d’humaniste), que les grands bretteurs nippons ont su atteindre, en dépassant ce qui les a conduit à courir le monde : le sabre, en maîtrisant la Voie.

Après la pluie

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