Ici parce que pas ailleurs

"Pas un jour sans une ligne", Zola. "Plusieurs jours sans un post", Zongo.

“Le rap prend les armes”

April 19th, 2006 par Zongo

Libération, par l’entre-mise de Stéphanie Binet, a soumis aux yeux du lecteur (mardi 18 avril, rubrique Grand angle) un papier appelé Le rap prend les armes.
Soyons clair, je ne suis pas un spécialiste du rap, c’est davantage ce que cet article dévoile au niveau social qui m’intéresse. Comme un prolongement à la question de “l’intégration”, mot assez vague qu’on appose sur les banlieues pour tout et n’importe quoi.
De fait, on note une différence de discours entre la nouvelle et l’ancienne génération des rappeurs hexagonaux. Et NTM qui crachait sa fièvre, sa haine du système et de la police est, surprise, de l’ancienne garde, de la modérée. Car, comme le dit très bien l’article de Stéphanie Binet, le rap français se câle de plus en plus sur le gangsta rap états-unien qui colle facilement un flingue sur une pochette ou devant une caméra. Une façon de suppléer le verbe, ou peut-être de le tuer. On renforce la violence des propos à coup de pistolets automatiques, de guérilla urbaine mise en scène. Et finalement, on sombre dans la représentation simplificatrice, dans l’imagerie populaire, le MTVisme et contrairement à ce que semblent penser quelques-uns de ces rappeurs : ils donnent à voir ce qu’une certaine France attend – celle qui reveut du Gicquel, celle qui a peur au 20h. Ils livrent la confirmation que les cités sont des zones perdues où rien n’est bon. Pas même l’expression artistique “rap”, et c’est en soi une défaite.
Mais, et pour ne parler que du rap, on peut craindre que cette imitation du gangsta rap débouche sur les mêmes âfres qu’aux Etats-Unis : un rap qui n’a plus grand chose à dire, plus grand chose à voir avec le moyen d’expression d’un mal être ou d’une révolte. Un rap qui “fait du mauvais gras”, pour reprendre une expression d’un reportage passé sur Arte il y a quelque temps. Un rap sclérosé, qui se résume à des bagnoles de luxe, une piscine pleine de mannequins en string et des chaînes en or. La révolte grassouillette de ceux qui ont obtenu leur part du gâteau.

Posté dans C'était dans l'journal | Sans commentaire

Laissez un commentaire aussi propre que dans l'état où vous l'avez trouvé

Faisez attention : Comme je ne vous fais pas confiance les commentaires sont modérés, ça peut prendre un peu de temps. Désolé. Pas la peine de le soumettre 15 fois. Encore que...