Ici parce que pas ailleurs

"Pas un jour sans une ligne", Zola. "Plusieurs jours sans un post", Zongo.

P2P et politique

May 28th, 2006 par Zongo

Je ne vais pas rentrer dans un long et compliqué débat, où les arguments sont nombreux, divergent et sont souvent valables aussi bien d’un côté que de l’autre. En surfant sur le site de Ségolène Royal, j’ai trouvé, dans la rubrique Téléchargement, le texte suivant : « Plutôt que de stigmatiser des millions de citoyens qui ne font qu’échanger gratuitement des fichiers musicaux ou vidéos sur certains sites dédiés (fichiers mp3, DivX, etc.), il est au contraire indispensable de prendre en compte ce nouveau mode de consommation, de le reconnaître comme une simple conséquence du progrès des multimédias, et de préparer une rémunération des auteurs par d’autres moyens, comme la taxation des fournisseurs d’accès, par exemple. » Au-delà des incorrections et termes improprement choisis – qui démontrent un manque certain de connaissance permettant d’appréhender le fond technique de la chose ?- je me pose en tant qu’utilisateur d’Internet quelques questions. Tout d’abord, pourquoi originellement le politique doit-il se mêler de cette situation ? N’est-ce pas aux majors de comprendre et de s’adapter ou de rester butées et de disparaître ? Ensuite, pourquoi faut-il systématiquement que la solution pour remédier au “piratage” soit l’instauration d’une taxe commune à tous ? Je n’ai jamais piraté. J’utilise Internet pour d’autres usages : chat, mail, Web, etc. Pourquoi devrais-je payer une somme forfaitaire en plus de mon abonnement à une connexion haut débit ? La musique, je l’achète sous forme de CD ou de morceaux verrouillés – et non protégés – sur des plates-formes légales. Instaurer une taxe (établie sur quel critère ?) ne serait-ce pas abandonner le travail d’éducation et de représentation que doit mener le politique au profit d’une solution rapide à mettre en place mais qui floue l’honnête ? N’est-ce pas un constat d’échec : nos contemporains sont tous des pirates, alors autant légaliser leur situation en prélevant une manne là où ils ne pourront dire non… Et de fait, Ségolène Royal en énonçant son point de vue (la citation ci-dessus) stigmatise ces électeurs potentiels. Force est de reconnaître, que le portrait qu’elle en dresse ne donne pas envie de s’identifier à ces derniers.

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